Maladies et ravageurs du châtaignier

Le châtaignier est un des arbres qui souffre le plus dans nos paysages. Il n’est plus rare d’en voir sec sur pied ou en voie de dépérissement.

Les deux maladies principales qui affectent le châtaignier sont :

la maladie de l’encre

le chancre du châtaignier ou endothiose

Pour les ravageurs, le cynips est une menace sérieuse mais pour laquelle on a des solutions de régulation.

La maladie de l’encre (Phytophthora cinnamomi et Phytophthora cambivora)

C’est une maladie très grave du châtaignier provoquée par des micro-organismes filamenteux (Phytophthora) autrefois classés parmi les champignons et maintenant reconnus comme Oomycètes.

Le micro-organisme attaque les racines et l’écorce de la base du tronc. Les châtaigniers, très sensibles, dépérissent et meurent à la suite de la destruction des racines.

Les racines atteintes noircissent et cette coloration, due à l’oxydation des tanins, se propage dans le tronc, au droit des racines malades. La nécrose des tissus s’accompagne en effet de l’élaboration de ces substances inhibitrices vis-à-vis des pathogènes (principe de compartimentation). Parfois, l’écorce craquelée ou une lésion à la base du tronc peut laisser s’écouler de la sève noircie par ces tanins et rappelant l’encre, d’où le nom de cette maladie1.

La seule solution connue à ce jour pour lutter contre l’encre est la plantation de porte-greffes résistants. L’INRAe (mais aussi d’autres centres de recherche en Europe comme en Galice) a mis au point des hybrides résistants à partir des châtaigniers chinois (Castanea mollissima) et japonais (Castanea crenata).

Le plus couramment utilisé aujourd’hui en France comme porte-greffe est le Marsol.

A noter que des recherches sont en cours en France actuellement sur des souches de châtaignier européen (Castanea Sativa) susceptibles d’être résistantes à l’encre. Cependant, si ces recherches aboutissent il faudra attendre au moins 5 ans pour obtenir des plants résistants à cette maladie.

Nous proposons donc à ce jour de planter des porte-greffes hybrides et proposons chaque automne/hiver des plants en commande groupée.

L’INRAe a aussi mis en place Vigil’encre, une application dédiée au signalement de la maladie de l’encre du châtaignier, en vergers et en forêts, dans le cadre d’un projet de science participative. Toutes les infos ici : https://ephytia.inra.fr/fr/P/157/Vigilencre

En savoir plus :
https://ephytia.inra.fr/fr/C/20253/Forets-Encre-du-chataignier
https://fr.wikipedia.org/wiki/Maladie_de_l’encre

Le chancre du châtaignier ou endothiose (Cryphonectria parasitica ou Endothia)

C’est une maladie cryptogamique très grave du châtaignier qui a failli faire disparaître les châtaigneraies notamment dans le sud de la France. Le champignon parasite responsable de cette maladie est Cryphonectria parasitica, un ascomycète.

Elle est signalée pour la première fois en France en 1956 en Ardèche (vallée du Rhône)2.

Le chancre provoque des dépérissements graves pouvant entraîner la mort de l’arbre hôte.

Le chancre de l’écorce est un champignon parasite de la partie aérienne de l’arbre. Le champignon attaque le châtaignier à l’occasion de blessures d’origine humaine, animale ou climatique et se propage naturellement par transport de mycélium et de spores par le vent, les insectes, les animaux et les outils. Le développement de la maladie se manifeste par l’apparition de plaques brunes orangées et de fissures sur l’écorce. Son extension provoque le dessèchement de l’écorce qui se soulève en lames. La sève de l’arbre est ralentie, puis bloquée, ce qui entraîne un étranglement et la mortalité des branches situées au-dessus du point contaminé.

Il faut noter que l’arbre peut parfois guérir de lui-même du chancre, cicatrisant la lésion au bout d’un certain temps.

Plusieurs solutions de traitement sont possibles3. Quasi aucune ne sont appliquées aujourd’hui sur notre territoire…

Nous mettons en place des formations sur la gestion des maladies en particulier le chancre.

Le cynips (Dryocosmus kuriphilus)

Un ravageur se développe lui aussi en Europe et désormais un peu plus en Bretagne : le cynips . Le cynips est une micro-guêpe originaire de Chine et qui cause aujourd’hui des dégâts importants sur le châtaignier. En effet, les adultes pondent dans les bourgeons pendant la saison de végétation. Les larves séjournent dans les bourgeons et passent l’hiver sans que le parasite puisse être détecté. Au printemps suivant, les larves se développent et, sous l’effet des toxines qu’elles sécrètent, se forment des galles plus ou moins rouges à la place de la pousse normale. Les plants infestés, au lieu de porter des feuilles et des fruits, ne donnent qu’une pousse très courte avec quelques feuilles déformées par les galles. À terme, cela provoque une perte de vigueur et la mortalité de rameaux (chute de la production fruitière pouvant atteindre 60 à 80 %) et mène dans le pire des cas à la mort des arbres.

Une solution a été trouvée pour réguler la présence et les ravages du cynips : l’introduction de son parasite principal : le Torymus (Torymus sinensis) qui pond ses œufs dans la galle créée par le cynips. Le Torymus a été largement introduit dans les zones principales de la castanéiculture française et aujourd’hui régulé la présence du cynips et les dommages qu’il cause sur les châtaigneraies. A ce jour, nous ne savons pas encore s’il est présent en Bretagne.

En 2025, une augmentation très significative de la présence du cynips a pu être faite en Bretagne Sud.

Nous avons animé un travail avec les castanéiculteurs du secteur en lien avec le Syndicat National des Producteurs de Châtaignes, le FREDON Bretagne et l’envoi de galles a ainsi été fait auprès d’organismes capables de les analyser pour évaluer la présence ou non du Torymus.

Le changement climatique et ses impacts pour le châtaignier

Les aléas saisonniers (pics de chaleur en hiver, gelées tardives au prontemps…), fortes chaleurs, sécheresses, forte humidité ou pluviométrie, hivers doux sans gel… contribuent aussi fortement à l’affaiblissement et au dépérissement du châtaignier européen.

Le châtaignier en forêt française est aujourd’hui l’essence dont on compte la plus forte mortalité en volume 4. On l’observe aussi dans nos paysages ou de nombreux arbres morts ou très dépérissants sont présents dans le bocage, les boisements, etc.

A noter qu’il résiste mieux dans les zones cultivées en châtaigneraie.

Il faut savoir que tout ce qui participe à la vigueur de l’arbre (fertilité des sols (ou fertilisation), réserve utile en eau des sols (ou irrigation ), traitement précoce des attaques pathogènes) est le premier moyen de défense contre les maladies, d’où l’intérêt d’entretenir sa châtaigneraie et de replanter dans des sols profonds et fertiles.

1 Henri Breisch, Châtaignes et marrons, Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes (CTIFL), p.1132 Denis Loustau, Forests, Carbon Cycle and Climate Change, Quae, 2010,  p.2673 https://fr.wikipedia.org/wiki/Chancre_de_l’%C3%A9corce#Traitement