Notre territoire est riche de nombreuses variétés locales aux qualités et caractéristiques différentes : avec ou sans cloison intérieure (marron ou châtaigne), précoce ou plus tardive, de gros calibre, d’aspect clair ou plus foncé, qualité gustative, capacités culinaires (bonne à griller, bonne capacité d’épluchage…), la forme et taille des bogues et des feuilles, les types et dates de floraisons, etc.
Tout le monde connaît Le Marron de Redon.
Mais sauriez-vous le reconnaître ? et aussi mieux comprendre son histoire…
En effet, pendant longtemps, le Marron de Redon était le nom donné aux variétés à gros fruits du Pays de Redon qu’elles soient châtaignes ou marrons. Dans le livre de Hervé Failly, on peut lire :
« Marron de Redon : Variété la plus répandue et appelée communément selon les localités : « la Saint Jean », « la Bretonne », « l’Ormelle » »
Elle est dite « souvent à 2 germes, ce qui la rend impropre à la confiserie », ce qui signifie que c’est souvent une châtaigne et non un marron.
Aujourd’hui, on reconnaît (avec l’INRAe et le catalogue officiel des variétés locales de châtaignes) un seul Marron de Redon, issu d’un arbre dont les fruits ne sont pas cloisonnés. son nom est CA138. C’est le Marron de Redon officiel !
Au delà du Marron de Redon, on retrouve aussi :
– la St Jean, (la plus fameuse dans le Pays de Questembert, connue pour sa productivité souvent 2 à 3 belles châtaignes par bogue et sa saveur très sucrée, mais majoritairement cloisonnée)
– la Gros Poil et la Petit Poil (dites aussi Gros Peuille / Gros Pet et Ptit Peuille / Ptit Pet en gallo!),
– Lourmel ou Ormelle
– la Percillaude (variété précoce de la Région de la Roche-Bernard),
– la Jaunette (retrouvée à Péaule),
– la Champ des marais (retrouvée à Nivillac),
– le Marron doré de Vannes,
– la Rochelle (Nord du Pays de Redon),
– la précoce de Maure (Région de Maure de Bretagne),
– la précoce de Tréal,
– la précoce de Bain de Bretagne (Région de Bain de Bretagne),
etc.
Certaines sont facilement reconnaissables, mais il reste difficile de faire la détermination variétale, d’autant qu’avec les pollinisations croisées, les types de sols et la sélection paysanne de « variétés sauvages », on retrouve facilement des châtaignes qui se ressemblent mais qui ne sont pas forcément les mêmes et/ou de la même variété.
Et puis, on retrouve aussi chez nous des hybrides modernes (Bouche de Bétizac, Marigoule, Bournette, Marsol…) ou des varéiétés introduites d’autres régions (Ardèche, Corrèze, Dordogne : Dorée de Lyon, Bouche Rouge, Belle épine…).
Lors des fêtes de la châtaigne, nous présenterons une collection de variétés, premières étapes pour caractériser ensemble notre patrimoine local. Venez avec les vôtres !
Et si vous êtes intéressés pour vous impliquer dans le travail de caractérisation des variétés locales, envoyez-nous un mail !

EXTRAIT du Livre de Hervé Failly de 1945 qui à l’époque décrit quelques variétés locales
Note la Bercillaude est plutôt nommée Percillaude
Un exemple ci-dessous des premiers travaux de caractérisation de variété locale avec le Pôle Fruitier de Bretagne : ici la variété Gros Poil


